Le PDG de GFI Informatique

Publié le par Real del Sarte

 

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Jacques Tordjman,
   PDG de GFI Informatique

« Nos deux objectifs restent une croissance organique de 6 à 8% et une amélioration du résultat opérationnel »

Votre bénéfice net s’est légèrement contracté au 1S 06 alors que votre marge opérationnelle s’est améliorée sur la période. Comment expliquez-vous ces résultats ?
Nous avons passé sur le 1S 06 un ensemble d’éléments exceptionnels non courants comme la restructuration du groupe en Italie et en France d’un montant de 2,4 millions d’euros, à laquelle il faut ajouter 1,8 million d’euros d’amortissement de survaleur ainsi que des frais financiers exceptionnels s’élevant à 0,2 millions d’euros.
Toutefois, nous venons de procéder à la vente d’un immeuble au Royaume-Uni qui devrait nous permettre de récupérer 2 millions d’euros.
Le paradoxe entre le bénéfice net et la marge opérationnelle affichés au 1S 06 est facial. Il ne s’explique que par des éléments exceptionnels.

A l’exception de l’Italie, vos filiales en Europe du Sud se sont très bien comportées. Qu’en est-il des divisions d’Europe du Nord qui seraient selon vous sur la voie de la rentabilité durable ?
En Allemagne, le groupe a enregistré une forte croissance au 1S 06, affichant des résultats légèrement positifs. Ils le seront encore davantage au 2S 06. Au Bélux, les résultats du 1S sont également positifs et le seront encore au semestre prochain. Quant aux pertes enregistrées en Suisse, elles s’élèvent à l’heure actuelle à 150 000 euros.  Pour le 2S 06, nous prévoyons d’atteindre au minimum l’équilibre.
La rentabilité du groupe au 2S 06 s’améliorera donc.

En mai, vous annonciez que la situation financière en Italie se redresserait. Or le chiffre d’affaires de cette division s’est contracté de 9% et elle a essuyé une perte opérationnelle de 1,7M€. A quoi attribuez vous cette contre performance ? Estimez vous que cette branche renouera avec les bénéfices au 2S 06 ou en 2007 ?
Lorsque nous avons entrepris la restructuration de la filiale italienne, notre objectif était d’atteindre l’équilibre en 2006. Nous tablions alors sur un chiffre d’affaires 1S 06 de 29 à 30 millions d’euros. La restructuration a porté ses fruits mais le chiffre d’affaires a décru en raison des pressions du marché italien et du décalage dans le temps des contrats. Mais nous ne sommes pas les seuls à avoir souffert, nos concurrents ont également connu des difficultés. Si nous n’avons pas élaboré d’autres plans de restructuration pour l’Italie, c’est parce que nous espérions voir arriver de nouvelles commandes.
Avec le directeur de la zone Espagne, nous avons pris la situation en main afin de compléter le plan de restructuration pour qu’il soit plus adapté à la nouvelle donne, permette de limiter les risques et aide notre filiale transalpine à travailler avec les clients français présents en Italie, comme Cofathec (contrat de 800 000 euros),BNP, Alstom ou encore TNT.

Mais je m’engage sur le fait que le 2S 06 sera meilleur que le premier. Nous visons l’équilibre tout en sachant qu’il sera encore difficile à atteindre. Si pertes il y a, elles devraient être de l’ordre de 500 000 à 600 000 euros.
Mais au final, GFI ne s’est pas si mal adapté à la situation italienne.

A combien quantifiez-vous à l’apport d’Adélior Actif à votre groupe ?
C’est difficile à dire. Le résultat affiché ce matin va à l’encontre de mes attentes, en raison de la faiblesse de l’activité en début d’année pour Actif. Mais le 2S 06 sera meilleur.
Grâce à Adélior, nous avons pu conclure de nouveaux contrats et acquérir des savoir-faire, que ce soit dans le domaine de l’infogérance, de l’intégration de nouvelles technologies ou de la monétique. De plus, grâce à Adélior Actif, nous sommes devenus des acteurs majeurs dans l’ouest de la France.
Dès le 2S 06, les apports de Adélior Actif devraient être plus visibles.

Quels sont vos objectifs de croissance pour le second semestre 2006 en termes de chiffre d’affaires, de résultat opérationnel et de marge ?
Nous ne changeons pas nos prévisions pour 2006. Nos deux objectifs de fond restent une croissance organique de 6 à 8% et une amélioration de notre résultat opérationnel. A cela s’ajoute un troisième objectif qui est une sensible amélioration du résultat net, de l’ordre de 30 à 40%.
 
Un influent bureau parisien a réitéré ce matin sa recommandation d'achat sur votre groupe avec un objectif de cours de 8,5 euros. Or votre action oscille autour de 5,5 euros. Quels seront les éléments susceptibles de réduire la décote attachée à votre titre ?
Le marché a réagi favorablement à la publication de nos résultats. Depuis longtemps notre titre est sous valorisé par rapport aux sociétés comparables. La décote a été de 20 à 30% sur les trois dernières années. Pourquoi ? Je pense que le problème réside dans la situation du groupe en Italie. Dès qu’on pourra conforter le marché sur notre capacité à sortir de ce bourbier italien (l’Italie ne représente plus que 9% de notre CA), je pense que la valorisation suivra.

Le marché des fusions étant en ébullition et votre capital dispersé, votre société pourrait-elle faire l’objet d’une OPA ?
Je ne crois pas à une OPA hostile sur GFI car il n’y en a quasiment jamais eu dans notre secteur d’activité. Mais si toutefois elle venait à se produire, nous regarderons le dossier.
De même, en cas d’OPA amicale, et si cette alliance permet au groupe de se développer en termes de résultats et de couverture géographique, nous étudierons la proposition.
Aujourd’hui, je m’intéresse surtout à la transformation du groupe en vue d’accroître la valeur ajoutée et la qualité des prestations.

A l’image de Sopra, avez-vous l’ambition de réaliser une acquisition majeure à plus ou moins brève échéance ?
Nous procédons à des opérations d’acquisitions de petite taille (6 millions d’euros) et de taille moyenne (20 millions d’euros) en France, en Espagne et au Portugal afin de renforcer notre savoir-faire. Mais des opérations plus lourdes avec échange de titres, si elles permettent d’améliorer la rentabilité de GFI, méritent toute notre attention.

Le mot de la fin pour vos actionnaires.
Tout comme eux, je suis déçu de la valorisation du titre, mais il faut être patient. Le marché finira par reconnaître la valeur de GFI, et ce notamment lorsque le problème italien sera réglé.


- 15 Septembre 2006 -   
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Publié dans INTERVIEW

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