Nicole El Karoui-Schvartz

Publié le par Real del Sarte

 
  Nicole El Karoui-Schvartz
responsable de l’enseignement des mathématiques financières à l’Ecole Polytechnique

« La finance de marché est enseignée depuis les années 90 »

(Easybourse.com) Quelle place l'école accorde-t-elle à la finance de marché ?
La finance de marché est enseignée à l'Ecole depuis les années 90, notamment en mathématiques appliquées, car elle repose sur des outils mathématiques assez sophistiqués comme le calcul stochastique et les méthodes numériques. Plus de 20% des élèves suivent ce cours en troisième année. Par ailleurs, en partenariat avec l'université de Paris VI, l'Ecole a créé un Master de probabilité et finance suivi chaque année par une trentaine de polytechniciens, très orientés finance de marché. En quatrième année, d'autres élèves partent à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, suivre des Masters en mathématiques financières. Enfin, dans le cadre de ParisTech, nous avons créé un Master sur le même thème en Chine, à l'université Fudan de Shanghai en collaboration avec l'université de Shandoung.

Pourquoi s'est-elle positionnée sur ce secteur ?
Le métier de " quants " auquel nous formons nos élèves et qui accompagne l'activité sur les produits dérivés est typiquement un métier d'ingénieur en mathématiques appliquées, avec une forte composante de modélisation et développement. Dans ce domaine technique, très réactif et en pleine évolution, il était normal que les polytechniciens soient présents. Ils y réussissent fort bien par ailleurs.

Parlez-nous de l'Institut de recherche et d'enseignement supérieur en économie et finance (Insefi) créé conjointement par le Groupe HEC et l'école Polytechnique.
Les chercheurs et enseignants-chercheurs en économie et finance des deux écoles ont décidé de se regrouper dans un institut afin d'atteindre une taille critique en termes de potentiel de recherche et de visibilité. Du point de vue des mathématiques financières, cela nous permet d'élargir le champ des thèmes de recherche et de collaborer avec les chercheurs d'HEC dans des domaines très complémentaires. L'autre souci commun à tous les membres de l'Insefi est d'avoir une visibilité internationale suffisante afin de garder nos jeunes, et brillants, chercheurs mais aussi d'en attirer d'autres, notamment de l'étranger.
Un objectif majeur est d'orienter vers la recherche plus d'étudiants français et étrangers. C'est la raison pour laquelle nous avons créé une première année de Master commune à nos deux Ecoles en économie et finance.

A quels postes les diplômés peuvent-ils prétendre à leur sortie d'école ?
Dans le domaine de la finance de marché, les élèves trouvent des postes d'ingénieurs quantitatifs, de traders ou de structureurs. On les retrouve aussi dans les activités de risk management. Après quelques années, leurs parcours se diversifient beaucoup. Bien sûr, de nombreux autres secteurs de la banque accueillent de nos élèves, en particulier ceux qui ont fait l'Ensae comme école d'application.
 
Quelle place la formation militaire occupe-t-elle dans le cursus des élèves ?
La formation militaire, ou civile, occupe une place importante durant la première année. Après deux mois de classes à Barcelonnette, les élèves peuvent poursuivre leur formation soit en service civil (associations, enseignement dans les banlieues…) soit en service militaire. Il s'agit avant tout d'une formation humaine impliquant des prises de décision ou de commandement dans un monde assez différent de ce que la majorité des élèves ont connu auparavant. L'encadrement militaire, dans le cadre du sport et d'autres moments spécifiques, continue ensuite durant toute la scolarité des élèves à Palaiseau.

Parlez-nous du programme "Une grande Ecole, pourquoi pas moi?"

L'Ecole attache une grande importance à cette démarche. J'y adhère également fortement car ayant eu l'occasion à de nombreuses reprises de mesurer combien certains carrefours décisifs peuvent être difficiles à franchir. Par ailleurs, du fait de mes liens personnels avec la Tunisie, je sais quel potentiel ces jeunes ont, mais aussi à quelles difficultés ils sont confrontés. 

 

 

 

Publié le 06 Juillet 2006 Copyright © 2006  Retour à l'accueil

Publié dans INTERVIEW

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