NicOx : chronique dun succès annoncé
FocusNicOx : chronique d’un succès annoncé Le petit laboratoire pharmaceutique basé à Sophia-Antipolis a parcouru un chemin semé d’embûches depuis sa création. Une réussite due en grande partie à l’optimisme forcené de son président et fondateur Michele Garufi. La chute des valeurs biotechnologiques lors de l’éclatement de la bulle boursière en 2000 ne semble plus qu’un mauvais souvenir pour les investisseurs. Tout est parti d’une idée originale : utiliser des anti-inflammatoires existants pour accroître leur efficacité et réduire leurs effets secondaires indésirables. La technologie NicOx consiste à greffer un groupe donneur d'oxyde nitrique sur des médicaments conventionnels. Le procédé se révèle particulièrement efficace, l'organisme ayant du mal à produire ce composé aux propriétés bénéfiques en quantité suffisante. C’est aussi le meilleur moyen de sortir du lot pour la société de biotechnologies : «Nos produits ont un concept unique, et chaque maladie nécessite plusieurs traitements spécifiques. Nous n’avons donc pas beaucoup de concurrents directs qui utilisent une technologie similaire à la nôtre» explique le PDG Michele Garufi. Autre atout, NicOx vise prioritairement les domaines thérapeutiques de l'inflammation et des maladies cardiovasculaires, dont le potentiel de marché se chiffre en milliards de dollars. Pourtant, malgré des bases prometteuses, NicOx connaît des débuts difficiles. Les risques inhérents au secteur des biotechnologies sont en effet nombreux. Il y a notamment beaucoup d’écueils à éviter avant de pouvoir commercialiser un médicament, comme un essai clinique non concluant ou un refus (temporaire ou définitif) d’autoriser une mise sur le marché par une agence. On retiendra l’échec cuisant d’un accord conclu avec AstraZeneca en 1998. Le laboratoire anglo-suédois a annoncé en février 2003 que les résultats de l'étude clinique de phase II d’un candidat médicament phare de NicOx n’ont pas été satisfaisants. Les investisseurs ont alors été pris d’un mouvement de panique : en quelques jours, la valorisation du groupe plonge de 90 % pour tomber à moins de 40 millions d'euros, soit un montant inférieur à son cash. Convaincu qu’il s’agit d’une erreur, Michele Garufi riposte en faisant appel à un panel d'experts indépendants qui viendront contredire les données cliniques publiées par AstraZeneca. Les craintes des marchés financiers s’avèrent finalement injustifiées, un phénomène propre au secteur : «Il y a un sentiment de méfiance des investisseurs envers la biotechnologie. Contrairement aux Etats-Unis, l’Europe a seulement quelques analystes et investisseurs qui ont une vraie connaissance du milieu», souligne le patron. Accords avec Pfizer et Merck ![]() Sa détermination va payer, puisque 2 accords majeurs sont signés coup sur coup au mois de mars dernier. «Nous avions déjà passé un accord très pointu avec Pfizer en août 2004, qui portait exclusivement sur une classe de molécules pour le traitement du glaucome. Ce dernier a voulu élargir notre contrat à tous les traitements des pathologies ophtalmologiques avec notre technologie. Ils ont acheté l’exclusivité de tous nos brevets dans ce domaine. Quant à Merck, nous avons passé un accord d’exclusivité pour notre technologie pour le traitement de l’hypertension», précise Michele Garufi. NicOx a touché au total 32 millions d’euros, en partie sous la forme d’une prise de participation au capital et en partie en paiement initial. Il pourrait recevoir à terme des paiements supplémentaires de 279 millions. Après ces bonnes nouvelles, le redressement du laboratoire est spectaculaire. En quelques semaines, la capitalisation du groupe explose de 110 à 400 millions d'euros. Le cours s’est envolé de 196% depuis le début de l’année. En mars, l'action NicOx avait bondi en une seule séance de 78 %, à 5,98 euros à la Bourse de Paris à la suite du premier accord. Une remontée facilitée par quelques petits coups de pouce, comme le retrait du marché de l’anti-inflammatoire Vioxx par Merck. Le groupe pharmaceutique doit s’y résoudre en raison des risques cardio-vasculaires qu'il fait courir aux patients hypertendus. Le Naproxcinod bénéficie déjà d’un avantage concurrentiel unique : il est très bien toléré chez les patients osteoarthritiques qui souffrent de la même pathologie. «Le potentiel de ce 1er produit est énorme car il s’agit de soigner des problèmes de douleurs récurrentes chez des patients âgés. Mais il ne va rejaillir sur la valorisation du groupe que petit à petit, en fonction du passage des différentes étapes comme le succès de la phase III en cours, la signature d’un partenariat commercial dans le futur, le succès de phase(s) III ultérieure(s), le dépôt du dossier d’enregistrement ou encore l’autorisation de commercialisation», prévient François Hamon, analyste au CM-CIC sécurities. Interrogé mardi par Easybourse, ce spécialiste de la valeur NicOx ne cache toutefois pas sa confiance pour l’avenir : «Mon hypothèse est que le Naproxcinod franchisse avec succès ces points de passage obligés du développement d’un médicament et reçoive une autorisation en 2009. Toute autorisation qui interviendrait avant signifierait un potentiel encore plus élevé pour NicOx», poursuit-il. Des perspectives intéressantes pour le titre Depuis son introduction sur le marché fin 1999, le titre a connu des fortunes diverses, passant de 40 euros en 2000 à seulement 1 euro début 2003 et environ 11 euros aujourd’hui. Mais NicOx est désormais focalisé sur sa transformation de société de Recherche et Développement en entreprise biopharmaceutique intégrée, et ce nouveau statut pourrait tout changer : «Je suis sûr qu’un jour au moins un produit NicOx sera sur le marché. Ce jour là, le succès sera phénoménal. C’est pour cette raison que nous sommes très optimistes», s’enthousiasme Michele Garufi. Une conviction partagée par François Hamon : «Si NicOx commercialise son premier produit, elle va toucher du jour au lendemain un flux de des royalties voisin de 10% sur des ventes de plus d’un milliard au pic. Cela représente un flux de revenus d’environ 100 millions par an. Les cash flows qui en découlent sont supérieurs à la capitalisation boursière actuelle de NicOx qui s’élève à 410 millions d’euros. Si tout va bien, le titre pourrait dépasser notre objectif (14 euros) et flamber à hauteur de 20 euros ou plus, d’ici 1 à 2 ans», estime l’analyste. Prochain rendez-vous avec NicOx le 7 septembre à la conférence NewsMakers in the Biotech Industry à New-York. Michele Garufi présentera l’actualité de la société et les avancées réalisées dans le programme de développement. Toujours à New-York, NicOx participera à l’UBS Global Life Sciences Conference du 25 au 28 septembre.
- 5 Septembre 2006 - | ||
Publicité
Focus
Tout est parti d’une idée originale : utiliser des anti-inflammatoires existants pour accroître leur efficacité et réduire leurs effets secondaires indésirables. La technologie NicOx consiste à greffer un groupe donneur d'oxyde nitrique sur des médicaments conventionnels. Le procédé se révèle particulièrement efficace, l'organisme ayant du mal à produire ce composé aux propriétés bénéfiques en quantité suffisante. C’est aussi le meilleur moyen de sortir du lot pour la société de biotechnologies : «Nos produits ont un concept unique, et chaque maladie nécessite plusieurs traitements spécifiques. Nous n’avons donc pas beaucoup de concurrents directs qui utilisent une technologie similaire à la nôtre» explique le PDG Michele Garufi.
